Le gouvernement rwandais a vivement réagi ce mardi 25 février aux sanctions imposées par le Royaume-Uni en réponse à son rôle présumé dans le conflit en République démocratique du Congo (RDC). Dans un communiqué officiel, Kigali a qualifié ces mesures de « punitives » et « regrettables », dénonçant la prise de position de Londres dans un conflit complexe qui secoue l’est de la RDC.
Les sanctions britanniques comprennent la suspension de la participation des hauts responsables britanniques aux événements officiels organisés par le gouvernement rwandais, ainsi qu’une réduction des activités de promotion du commerce entre les deux pays. De plus, l’aide financière bilatérale directe au Rwanda a été gelée, à l’exception des fonds destinés aux populations vulnérables. Londres a également annoncé qu’elle envisageait, en coordination avec ses partenaires internationaux, d’éventuelles sanctions supplémentaires contre Kigali.
Le Rwanda dénonce un parti pris en faveur de la RDC
Dans sa déclaration, le ministère rwandais des Affaires étrangères accuse le Royaume-Uni d’avoir « clairement choisi un camp » et de faire preuve de complaisance envers les autorités congolaises, qu’il tient pour responsables de nombreuses violations et exactions. Kigali reproche à la communauté internationale de ne pas demander des comptes au gouvernement de la RDC, malgré les attaques contre ses propres citoyens, notamment les bombardements de villages dans la province du Sud-Kivu.
Selon le Rwanda, cette approche encourage Kinshasa à persister dans une logique militaire qui ne fait qu’aggraver le conflit et les souffrances des civils. Kigali réaffirme par ailleurs son exigence de garanties sécuritaires, regrettant le manque d’engagement de la communauté internationale à ce sujet.
Un appel à une médiation africaine
Malgré cette escalade diplomatique, le Rwanda se dit déterminé à poursuivre son engagement aux côtés de ses partenaires africains pour trouver une solution négociée à la crise. Le communiqué exhorte la communauté internationale à soutenir ce processus de médiation, présenté comme « la seule voie crédible » vers la paix dans la région.
Cette passe d’armes entre Kigali et Londres vient s’ajouter à une série de tensions grandissantes entre le Rwanda et les puissances occidentales, de plus en plus critiques à l’égard du rôle de Kigali dans l’est de la RDC. Reste à voir si ces sanctions marquent un tournant dans les relations diplomatiques entre le Rwanda et ses alliés traditionnels, ou si elles ouvriront la voie à un dialogue renouvelé.